Magazine Lalique 2026_FR

11 rue Royale

Lalique, 11 rue Royale, Paris 8e.

Du Cabinet de curiosités au Jardin d’hiver Au sol, le terrazzo est un clin d’œil au groisil qui se forme dans le processus de fabrication des collections de cris tal. Ce tapis minéral, incrusté par endroits de coquillages fossilisés dans la matière, est le point de départ d’une déambulation en sept univers distincts, les sept piliers de la maison : objets décoratifs, design d’intérieur, arts de la table, bijoux, art, fragrances et hospitalité. Dans l’entrée, des niches en laiton rétroéclairées mettent en lumière une sélection de petits objets, tel un précieux Cabinet de curiosités où l’on trouve quoi offrir et s’offrir. Non loin, la Bibliothèque, couronnée d’arches, abrite les collections iconiques en cristal, d’un vase Bacchantes à un vase Tourbillons . À travers des croquis, quelques échantillons et des projets sur mesure, l’atelier du Lalique Interior Design Studio révèle aussi ses secrets aux visiteurs. Un savoir-faire dont un parterre de dahlias déployant un florilège de pétales symétriques donne déjà une idée – transformer la nature en art déco ratif était une signature de René Lalique. Pour essayer des bijoux, il faut s’arrêter dans le Boudoir où se côtoient la bague Cabochon , icône intemporelle (lire p. 27), et de scintillants sautoirs, pendentifs, boucles d’oreilles… Voisins entourés de zelliges brillants, les par fums Lalique sont disposés selon leurs familles olfactives. Quant au Bar, à la croisée de l’Art nouveau et de l’Art déco, il résume l’art de vivre Lalique en rendant hommage à l’univers gastronomique de la maison, laquelle compte aujourd’hui trois restaurants doublement étoilés au Guide Michelin. On débouche enfin sur le Jardin d’hiver : joli ment éclairé par la lumière naturelle, ouvert sur une cour pavée et paré de pierre de Paris, il est habillé des lustres majestueux Orgue et Perles , et aménagé avec la mythique table Cactus , pieds transparents et plateau en bois. Avant de quitter le 11 rue Royale, l’œil s’arrête forcément sur un mur où plusieurs pièces patrimoniales font rayon ner le précieux héritage Lalique. La boutique parisienne est la seule au monde où l’on peut trouver des pièces his toriques : flacons de parfum, sculptures, seaux à glace, vases ou encore lithographies de René Lalique, tous té moignent, quelle que soit l’époque, d’un savoir-faire cen tenaire et d’un esprit que la maison a à cœur de perpétuer. Quatre-vingt-dix ans après son ouverture par son fonda teur, le flagship de la rue Royale demeure un manifeste d’émotion.

Son nom s’affichait sur le fronton en lettres de verre : R. Lalique. Le 6 septembre 1935, le maître verrier était certainement fier d’inaugurer sa nouvelle boutique au 11 rue Royale. Quittant la place Vendôme où l’ancien créateur de bijoux à succès avait établi ses quartiers trente ans plus tôt, il s’ancrait désormais sur cette artère du raffinement parisien filant depuis la place de la Concorde. La nouvelle adresse devint rapidement incontournable, prisée tant des collectionneurs que des flâneurs arpentant le pavé. Comme à la maison En 2025, la maison a célébré les 90 ans de cette adresse mythique avec un espace entièrement repensé. « C’est un retour aux sources, mais aussi une projection vers l’ave nir », affirme Marc Larminaux, directeur artistique et de la création de Lalique. « L’idée était de faire résonner la poésie de René Lalique en transposant son répertoire – la lumière, la matière et l’émotion – dans le langage d’au jourd’hui. Ce nouvel espace rue Royale n’est pas seule ment une boutique, c’est plutôt un appartement, une mai son », avance celui qui a souhaité créer un univers où les visiteurs peuvent se projeter. Un lieu qui donne envie de vivre avec ces objets. « On a imaginé l’histoire d’un couple de galeristes ou d’ar tistes cosmopolites qui nous inviteraient dans leur appar tement parisien, développe Marc Larminaux. Nous avons tiré le fil de cette narration pour déployer une atmosphère intime, chaleureuse et surtout inspirante. » Pour mettre en œuvre ce nouveau concept, il aura fallu un an de tra vaux, lesquels découlent de plusieurs années de réflexion sur l’identité de la maison. Ainsi se dévoile un havre de paix au cœur de Paris, un écrin baigné de lumière rénové dans un style néo Art nou veau. À l’entrée, semblent voler une soixantaine d’hiron delles de cristal – un emblème de la maison, symbole de renouveau. Ce printemps Lalique se matérialise aussi par des arches lumineuses, habillées du motif Lauriers , qui fraient une majestueuse allée jusqu’au cœur des 115 mètres carrés de la boutique. « Outre ses archives, la principale source d’inspiration de Lalique est la nature, insiste Marc Larminaux. C’est un thème qui imprègne toutes nos créations, mais c’est aussi une réalité tangible puisque notre manufacture de Wingen-sur-Moder, dont les fours brûlent en Alsace depuis 1922, se trouve entourée de forêts. » Le bleu des Vosges qui habille la Bibliothèque fait directement écho à ces paysages verdoyants. La part belle est donnée aux matières – noyer de Bourgogne, quartzite Jadore, laiton, terrazzo – qui célèbrent la noblesse tactile. Ces mélanges harmonieux rappellent la philosophie de René Lalique, « inventeur du bijou moderne » selon les qualificatifs de son temps, qui n’hésitait pas « à mélanger les matières, à allier le verre, la corne, la pierre dure, pour sublimer et appor ter de la couleur à ses créations joaillières », ajoute Marc Larminaux.

Lalique, 11 rue Royale, Paris 8 e

Le Boudoir.

38

39

Made with FlippingBook - Online catalogs