Magazine Lalique 2026_FR

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Le Magazine • Édition 2026

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Édito

Chapter

À chaque nouvelle édition de notre magazine, nous vous invitons à (re)découvrir l’univers de Lalique : un monde façonné par la créativité, la passion et les femmes et les hommes qui lui donnent vie. Aux quatre coins du globe, de New York à Wingen-sur Moder, de Paris à Courchevel, Lalique continue d’élargir ses horizons tout en demeurant profondément ancré dans son héritage. Maison d’Artiste, notre nouveau flagship à New York, incarne cet esprit : un lieu où l’art, le savoir-faire et l’émotion se rencontrent dans une parfaite harmonie.

Avec la réouverture de notre boutique emblématique de la rue Royale à Paris, nous renouons avec une adresse his torique qui incarne l’esprit de notre maison, un lieu pro fondément lié à notre héritage et à ce que nous sommes aujourd’hui. Le nouvel espace se révèle chaleureux, ouvert et baigné de lumière. Il a été conçu pour dévoiler la beauté du cristal de manière contemporaine et personnelle, invitant les visi teurs à redécouvrir Lalique avec un regard neuf. Les hiron delles suspendues à l’entrée expriment ce qui nous guide aujourd’hui, le mouvement, la clarté et le renouveau.

Ce numéro met également à l’honneur la force des colla borations en présentant des projets tels que le lumineux parfum Mikimoto ou l’audacieux Branson Cognac réalisé avec 50 Cent. À leurs côtés, nous dévoilons la collection Air de Lalique , qui témoigne de notre attachement à la beauté intemporelle des matières fabriquées par la main de l’homme. À travers cette édition, nous célébrons aussi les dix ans de l’inauguration de la Villa René Lalique, une étape majeure qui continue d’inspirer notre vision de l’art de vivre sous toutes ses formes.

Cette édition de notre magazine s’inscrit dans la même intention. Elle propose un regard approfondi sur les nom breuses personnalités qui façonnent Lalique aujourd’hui et reflète notre volonté de partager notre univers avec da vantage d’ouverture. À travers un langage visuel raffiné, une narration plus proche et une démarche plus intime, le magazine révèle l’émotion, le savoir-faire et les histoires humaines qui se cachent derrière nos créations. Il met en lumière les femmes et les hommes, les idées et les inspirations qui incarnent notre vision, montrant com ment notre héritage continue d’évoluer grâce à la créativi té, la collaboration et la curiosité. La rue Royale et ce magazine incarnent un nouveau cha pitre pour Lalique, un chapitre qui honore notre passé, cé lèbre le présent et ouvre la voie vers l’avenir.

Silvio Denz Président exécutif du conseil d’administration, Lalique Group

Nina Müller CEO, Lalique Group

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SOMMAIRE

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À la rencontre des artisans Anaïs Hey, gardienne de l’excellence du décor

Mikimoto × Lalique Quand l’océan rencontre la lumière, un nouvel éclat prend naissance

Curtis “50 Cent” Jackson × Lalique Un hommage à l’héritage et à la création

Collection Air de Lalique Une bulle de lumière pour des créations tout en poésie et en légèreté

Cabochon, l’icône réinventée Une forme qui traverse le temps sans jamais perdre sa douceur

Maison d’Artiste à New York Sur l’Upper East Side, un symbole d’élégance au cœur de New York

11 rue Royale à Paris Un nouvel écrin pour une adresse mythique

Le Musée Lalique à Wingen-sur-Moder Dans les Vosges du Nord, un lieu culturel qui fait rayonner l’héritage d’un génie créateur

La Villa René Lalique Une décennie au service de l’art de vivre

Maya Hotel Courchevel 1850 Plénitude sur les sommets alpins

Couverture: Marc Larminaux, directeur artistique et de la création de Lalique, tenant le vase Alizé, moyen modèle, incolore à la feuille d‘or rose, édition limitée à 88 exemplaires.

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À la rencontre des artisans Anaïs Hey, gardienne de l’excellence du décor

Au sein de l’atelier Décor de la manufacture Lalique, dix artisans perpétuent des techniques que nulle école n’enseigne. Nous y avons rencontré Anaïs Hey, responsable de cet atelier où les savoir-faire se transmettent tel un trésor.

Anaïs Hey mentionne, les yeux brillants, le vase Tourbillon XXL émaillé noir, « une très belle création par la brillance du cristal et les mailles noires sur les volutes. Cette œuvre imposante est un véritable défi technique que peu d’arti sans parviennent à dompter. Pour produire cette pièce, il faut comprendre la matière », détaille-t-elle en insistant sur le « ressenti ». Transmettre pour perpétuer Reproduire en série ce qui relève presque de l’intuition est une prouesse. « Exécuter une pièce, c’est bien, mais arriver à la refaire, à la dupliquer en respectant à chaque fois le modèle et l’excellence Lalique, c’est autre chose, reconnaît-elle. Les contrôles sont essentiels

« Lalique ? C’était un rêve ! » Il y a dix ans, diplômée d’un CAP de souffleur et décorateur suivi d’un brevet des métiers d’art, Anaïs Hey franchit pour la première fois les portes de la cristallerie Lalique à Wingen-sur-Moder. « Durant ma formation à Sarrebourg et Nancy, le nom de René Lalique résonnait ; ses créations sont de pures mer veilles », souffle cette professionnelle passée par plusieurs postes : « J’ai été polisseuse puis ouvrière au bouchage et au perçage. Cela m’a permis de connaître intimement l’atelier du “verre froid” où parviennent, une fois refroi dies, les pièces façonnées par les artisans au “verre chaud”. » Ultime étape de cette mise en beauté : l’atelier Décor, qui demande un apprentissage de longue haleine. « Deux à trois ans sont nécessaires pour maîtriser les gestes de la maison, explique Anaïs Hey. Lalique a des techniques de décor qu’on ne trouve pas ailleurs. » Une reine du bitume Parmi ces secrets précieusement transmis figure la pose du bitume, ce pigment noir d’origine organique, luisant comme un goudron frais, qui sublime les reliefs du cristal. « On n’apprend pas ce savoir-faire à l’école », souligne Anaïs Hey. Sur les pointes des célèbres flacons de parfum Cactus dessinés par René Lalique en 1928 ou sur les lignes sinueuses du vase Zèbre , une création récente de la maison, « le geste doit être d’une netteté absolue, poursuit Anaïs Hey. Il faut de la dextérité, trouver la bonne quantité d’émail et être précis dans ses traits. Ça ne s’improvise pas ! » Les journées de cette cheffe d’orchestre de l’atelier Décor sont réglées comme du papier à musique : « On com mence par la préparation des outils, le contrôle des pièces de la veille, les retouches si nécessaires, puis la production, dans une atmosphère profondément artisanale. » L’atelier Décor œuvre en étroite concertation avec les autres ate liers de la maison – « studio de création compris pour de nouvelles pièces en développement », précise Anaïs Hey. Cette synergie fera toute la beauté du décor. Lorsqu’on lui demande de citer une pièce marquante,

« Le geste doit être d’une netteté absolue. Il faut de la dextérité et être précis dans ses traits. Ça ne s’improvise pas. »

à chaque étape pour main tenir notre niveau d’ex cellence. » Depuis 2023, Anaïs Hey assume la res

ponsabilité de l’ate lier, rôle que la jeune femme dynamique a endossé naturelle ment, forte d’un en cadrement dont elle a bénéficié. L’esprit Lalique se cristallise dans le partage, qu’elle porte à son tour auprès des nouvelles recrues : « Cette logique de transmission, qui exige

patience et pédagogie, est un trésor dont on hérite au sein de la manufacture de Wingen-sur-Moder depuis une centaine d’années maintenant. Quand je vois nos pièces exposées en boutique, je ressens une immense fier té. » Dans le bonheur simple de cette passionnée de verre et de cristal résonne toute la noblesse d’un métier où les mains façonnent du beau, jour après jour.

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L’océan rencontre la lumière

Lorsque la perle rencontre le cristal, l’océan fusionne avec la lumière. La col laboration entre le joaillier Mikimoto et Lalique dépasse la simple alliance : c’est un dialogue poétique entre deux héritages de beauté, de savoir-faire et de culture. L’un façonné par la mer, l’autre par la main de l’artisan, tous deux nés des profondeurs de la nature et de l’éclat de la lumière.

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Mikimoto × Lalique

Yasuhiko Hashimoto, président & CEO, K. MIKIMOTO & CO., LTD.

Ensemble, Mikimoto et Lalique ont imaginé Fortune Leaves , Crystal Edition – une pièce d’une rareté excep tionnelle où le parfum devient forme et la forme devient récit. Issue d’une vision commune et d’un profond res pect mutuel, cette création marque non seulement une première collaboration, mais aussi une promesse : celle de continuer à façonner un univers où la tradition se conjugue avec l’innovation. La rencontre a commencé par la lumière. Mikimoto avait sollicité Lalique pour créer un lustre destiné à son salon dédié au mariage, à Tokyo dans le quartier de Ginza. La pièce qui en est née, Cloud of Clovers , est devenue bien plus qu’une installation : elle fut l’étincelle. Dans le jeu des reflets et du cristal, les deux maisons ont reconnu des

valeurs partagées : la nature comme muse, l’élégance dans la retenue, la puissance silencieuse du geste artisanal. De cet échange est née une idée : et si cette rencontre pou vait prendre une forme plus intime, plus durable ? Une création que l’on porte. Une création que l’on ressent. Hashimoto-san, président et CEO de Mikimoto, se sou vient : « Nous parlions moins d’objets que de philoso phie. De la manière de saisir l’âme de la perle dans une autre matière. » Marc Larminaux, directeur artistique et de la création de Lalique, ajoute : « Ce fut un véritable dialogue. L’océan et le cristal. L’Orient et l’Occident. Deux écritures de la lumière. »

La sculpture Cloud of Clovers de Lalique au sixième étage du flagship Mikimoto, Ginza, Tokyo.

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Mikimoto × Lalique

La sphère parfaitement galbée, soufflée à la bouche par les artisans de Lalique, évoque la rondeur satinée d’une perle Mikimoto. Au-dessus, une couronne de trèfles – dont chaque nervure est sculptée par l’eau et la lumière – habille le bouchon. Parmi eux, un rare trèfle à quatre feuilles se dissimule, discret sym bole de chance et d’optimisme. Un mes sage soufflé, jamais proclamé. Façonné à la cire perdue, une technique explorée par René Lalique dès 1893, chaque bouchon porte une texture et une finition uniques. Lorsque la lumière traverse le cristal satiné, elle révèle une lueur douce – une promesse de décou verte. Il n’existe que dix pièces dans le monde, chacune, finie à la main, est singulière. Une création rare, un récit cristallisé. Au cœur du flacon, la promesse : un extrait de parfum composé par le par fumeur Alex Lee. Sa structure reflète celle du flacon : fraîche mais profonde, lumineuse mais nuancée. Les notes de trèfle ouvrent la fragrance avec une vivacité verte, adoucie par des accords floraux qui scintillent comme la rosée du matin. L’iris et l’ambrette ap portent douceur et sensualité, leur élé gance minérale fait écho à l’iridescence de la perle. L’ensemble compose un par fum intime et rayonnant.

Mikimoto Fortune Leaves , Crystal Edition.

Hashimoto-san le décrit comme « un bijou olfactif, comme porter une perle sur la peau ». Marc Larminaux ajoute : « Le cristal capte la lumière ; ici, le parfum capte l’émotion. » Objet et fragrance deviennent indissociables : l’expres sion complète de deux maisons, une vision.

Le flacon Fortune Leaves n’est pas un simple écrin. C’est une sculpture de cristal suspendue dans le temps, empreinte d’une élégance silencieuse. Imaginé par Marc Larminaux en étroite collaboration avec Hashimoto san, son dessin puise dans les symboles de la nature et la poésie du hasard.

L’histoire continue Fortune Leaves , Crystal Edition n’est qu’un commencement. Cette première création ouvre la voie à un univers olfactif plus vaste, où de nouveaux parfums s’exprimeront dans des tonalités variées, mais toujours dans le langage partagé de la pureté, de l’émotion et du raffinement. Dès la mi-2026, une collection de cinq fragrances prolongera le récit. Chacune avec sa sin gularité, chacune façonnée avec la même exigence. Un nouveau chapitre est prêt à s’ouvrir. D’ici là, la lumière demeure et l’histoire continue.

« Fortune Leaves, Crystal Edition est un bijou olfactif, comme porter une perle sur la peau. » Yasuhiko Hashimoto, président & CEO, K. MIKIMOTO & CO., LTD.

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LA RENCONTRE ENTRE 50 CENT ET LALIQUE : UN HOMMAGE

À L’HÉRITAGE ET À LA CRÉATION

Lorsque la créativité rencontre le savoir-faire, la beauté se charge d’une nouvelle mission. La 505 Edition du Cognac Branson, née de la collaboration entre Sire Spirits et Lalique, célèbre la force, la générosité et l’art dans une création qui redéfinit le luxe contemporain.

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50 Cent × Lalique

par les surfaces satinées, capte à la fois le mouvement et la sérénité, incarnant l’esprit des deux créateurs. La 505 Edition puise sa noblesse dans la rareté. L’assemblage provient d’une sélection exceptionnelle de cognacs hors d’âge acquis en 2019, dont certains ont plus d’un siècle. Pour honorer cette provenance, 50 Cent voulait un flacon à la hauteur de l’histoire qu’il renferme. Lalique a relevé le défi avec une œuvre en cristal façonnée à la main en France, éditée à seulement 505 pièces dans le monde – dont une, précise le rappeur, réservée pour sa collection personnelle. Dès les premières esquisses, Jackson met Lalique au défi d’imaginer une pièce forte, intemporelle, iconique. Le lion, symbole historique de puissance et de protection chez Lalique, s’impose naturellement au cœur de la créa tion. Sa présence incarne le leadership, la résilience et la fierté – un pont entre le patrimoine de Lalique et la philo sophie de Jackson. Lors de sa visite à la manufacture Lalique en Alsace, Jack son découvre la discipline du véritable artisanat : patience, précision, exigence absolue, jusqu’au refus de pièces pour tant magnifiques. « Ils détruisent du cristal que beaucoup considèreraient comme précieux, raconte-t-il. Ils le font parce que l’héritage l’exige. » Mais la 505 Edition va au-delà de l’art et de la rareté : elle porte aussi une mission et chaque collectionneur rejoint Jackson dans une démarche philanthropique dédiée à l’éducation, au mentorat et à l’émancipation des commu nautés. Pour le rappeur, le luxe ne réside pas seulement dans l’acquisition, mais aussi dans l’engagement.

Curtis “50 Cent” Jackson, rappeur américain et fondateur de Sire Spirits, et Silvio Denz, président exécutif de Lalique Group, ont donné naissance à une œuvre qui relie deux univers : la précision du cristal français et le rythme d’une vision américaine. Révélée en octobre 2025 au flagship Lalique de Manhattan à New York, la 505 Edition du Cognac Branson s’impose comme l’une des expressions les plus remarquables du savoir-faire contemporain. Pour Silvio Denz, cette collaboration incarne l’esprit au dacieux et novateur de Lalique : « Je suis honoré par cette collaboration avec Curtis “50 Cent” Jackson, c’est un véri table visionnaire. Même si nous venons de mondes diffé rents, nous partageons les mêmes valeurs : l’audace, l’exi gence et la créativité. Ensemble, nous avons repoussé les frontières de l’imagination. » Lorsque Curtis “50 Cent” Jackson fonde Sire Spirits en 2018, son ambition est claire : créer des spiritueux por teurs d’excellence et d’authenticité. Cette vision atteint son apogée avec la 505 Edition du Cognac Branson, fruit de la rencontre entre Sire Spirits et la maison Lalique, fleuron incontesté du cristal français. Leur collaboration naît d’une conviction commune : le vrai luxe est porteur de sens. Dès leur première rencontre, en 2020, Curtis “50 Cent” Jackson, Silvio Denz et Marc Larminaux, directeur artistique et de la création chez Lalique, imaginent un flacon qui irait au-delà de sa fonc tion. Il serait une sculpture, un récit en cristal, un sym bole d’héritage. Inspiré des premiers flacons de parfum de René Lalique, le design conjugue pureté et puissance. Emblème intemporel de courage et de maîtrise, un lion sculpté magnifie le flacon. Sa silhouette affirmée, adoucie

Silvio Denz, Marc Larminaux & 50 Cent à la manufacture Lalique, à Wingen-sur-Moder en Alsace.

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Fabrication de la 505 Edition du Cognac Branson à l’atelier du verre chaud de la manufacture Lalique.

Entretien exclusif avec 50 Cent Qu’est-ce qui vous a donné envie de collaborer avec la maison Lalique ? Ce qui m’a frappé immédiatement, c’est leur passion. Je savais que Lalique incarnait le luxe mais lorsque j’ai vu l’émotion et l’énergie investies dans chaque création, j’ai compris que c’était différent. Ce n’est pas seulement du design, c’est de l’art. Chaque pièce a un sens. Je voulais insuffler ce savoir-faire et ce supplément d’âme à Sire Spirits. Il s’agit de temps, de patience, de créer quelque chose qui compte vraiment. Vous êtes connu pour vous investir totalement dans vos projets. Quelle a été votre contribution pour le fla con de la 505 Edition ? Je me suis impliqué dès le début. Nous avons exploré les anciens flacons de parfum Lalique pour trouver des idées – c’est là que nous avons trouvé la bonne direction. J’aimais leur forme, leur équilibre… Puis nous avons créé quelque chose de nouveau. La tête de lion était essentielle pour moi : c’est un symbole de force et de leadership. L’équipe de Lalique l’a immédiatement compris. Chaque élément du flacon est réalisé à la main. Ce n’est pas seule ment du luxe : c’est un respect absolu du détail. Parlez-nous du cognac contenu dans le flacon. Il provient de Grande Champagne, c’est le plus presti gieux en matière de cognac. Certaines eaux-de-vie ont plus de cent ans. À la dégustation, j’ai senti quelque chose d’exceptionnel. C’était rare, puissant, soyeux. Je voulais partager cela – rendre hommage au temps, au patrimoine et à l’excellence.

Que représente la 505 Edition pour vous ? L’héritage. Le cognac, le design, le savoir-faire – tout parle de ce qui demeure. Il n’existe que 505 flacons, c’est exclu sif mais c’est aussi une leçon de patience et de sens. Voilà ce qui naît lorsque deux univers se rencontrent. Pouvez-vous nous raconter votre expérience à la ma nufacture Lalique ? Lorsque j’ai franchi les portes des ateliers, j’ai tout de suite compris que j’entrais dans un autre monde. Les artisans qui y travaillent vivent leur métier. Ils perpétuent des techniques transmises depuis des générations. Nous avons exploré les archives, observé des flacons anciens, discuté des formes et des finitions. J’ai posé des questions, comparé des croquis, observé le soufflage du cristal. Quand j’ai vu la tête de lion prendre forme, j’ai su que nous étions en train de créer quelque chose d’exceptionnel. Ce n’était pas une simple visite : c’était une leçon. J’ai compris ce que signifie réellement l’héritage. Au-delà du design et du savoir-faire, que souhaitez vous que les collectionneurs ressentent lorsqu’ils tiennent le flacon dans leurs mains ? Je veux qu’ils ressentent la puissance. Je veux qu’ils ressentent une histoire. Je veux qu’ils ressentent le temps. Lorsque vous avez entre les mains la 505 Edition, vous tenez plus qu’un flacon. Vous portez un siècle de maturation, une tradition séculaire du cristal et ma vision. Vous voyez la tête de lion et vous savez que vous avez là quelque chose de rare.

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Air de Lalique, une bulle de lumière

Après avoir exploré la terre, Lalique s’empare de l’insaisissable. La collection Air de Lalique cristallise le souffle et son mouvement dans des vases aux ondulations lumineuses, des sculptures d’oiseaux et une palette corail inédite. Entre haute technicité et poésie, ce deuxième volet d’une odyssée autour des quatre éléments se dévoile dès mars 2026.

L’hiver, il fait trembler les grands sapins verts. Dans le Midi, il siffle parfois tant qu’il fait taire les cigales. Chargé de sable, il nous pique les yeux. Gonflé d’eau, il nous fait frissonner. On le sent, soufflant et soufflé. Créature de la nature, l’air est partout. Volatil par essence, il est rétif à toute tentative de domestication. Comme on capturerait l’impossible, Lalique saisit au vol l’insaisissable et apprivoise ce qui n’a ni forme ni poids dans le cristal pur. Un défi vertigineux baptisé Air de Laliqu e et relevé par la manufacture séculaire de Wingen-sur-Moder, en Alsace. Cette nouvelle collection, prête à éclore au printemps 2026, constitue le deuxième volet d’une ex ploration des quatre éléments, initiée en 2024 avec Terramineral . Après la terre, voici l’air.

Page de gauche : Marc Larminaux, directeur artistique et de la création de Lalique. Page de droite : Vase Alizé , moyen modèle, patiné corail.

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Air de Lalique

Inspirations et respirations L’air s’inscrit dans nos premiers gestes, il nous relie à la vie dès notre venue au monde. Pour enregistrer son mouvement, Marc Larminaux, directeur artistique et de la création de Lalique, s’est laissé porter par l’inspiration. Le crayon a glissé de filets en lignes, de traits en courbes : « Tout commence toujours par un dessin, explique-t-il. Chaque ondulation est distincte, dessinée avec justesse pour créer un ensemble harmonieux. » Esquissé, l’air se cristallise en ondulations invisibles qui font dan ser un rideau de voile, en plis sur un tissu soulevé par une bour rasque discrète – lesquels se matérialisent entre les mains des ar tisans Lalique par des motifs gravés dans la masse cristalline. Les lignes irrégulières, loin d’être des accidents, font tout le caractère de cette collection : le propre de l’air étant d’être « toujours là, mais impalpable », souligne Marc Larminaux qui ajoute : « Nous avons voulu rendre visible l’invisible. » La haute couture du cristal Les vases Alizé – du nom de ce vent doux qui souffle sous les tro piques – incarnent cet élan entre rigueur technique et sensualité formelle. Il y a dans ces pièces quelque chose qui tient du vête ment tant la lumière habille les volumes. Tel un plissé Fortuny ou les drapés couture de Madame Grès, le cristal ondule, se creuse, se bombe. Les savoir-faire de Lalique sont au cœur de cet effet. Après le soufflage sont venus le travail du verre froid, le sablage, le sati nage, puis un repolissage méticuleux. Huit étapes au minimum sont requises pour que « la lumière fasse vibrer le décor du cristal satiné repoli et exalte l’impression de mouvement », expliquent les artisans de la manufacture Lalique. Entre mat et brillant, entre opacité et transparence, le mouvement circule. L’œil s’at tarde. L’air qui nous inonde sans qu’on y songe est devenu ma tière à émerveillement. Quatre formats existent pour ces vases, du format intime au monu mental (15 kilos), en cristal incolore ou patiné corail. Cette teinte, nouvelle venue dans la palette Lalique, vient sublimer l’air : « Au coucher du soleil, l’air tamise les bleus et ne laisse passer que le feu des rouges et des orangés », précise Marc Larminaux. D’où cette tonalité veloutée, apaisante, qui évoque autant l’été méditer ranéen que les ors d’un tableau tardif de Mark Rothko. L’or du temps Fabriqués en éditions limitées, les vases Alizé sont incandescents, irradiant de feuilles d’or rose 22 carats appliquées à la main et dont un effet « brossé » préserve la transparence. Deux cent quarante feuilles pour le vase monumental. Quatre jours de travail pour le grand Alizé . Vingt et un jours de séchage pour le vernis. Seize opérations au total exigeant une fine expertise. Ces chiffres rappellent l’essentiel : le vrai luxe est celui du temps offert, consenti, dépensé sans compter. Autour des vases Alizé gravitent d’autres présences. La coupe Alizé d’abord, large vasque en équilibre sur trois pieds intégrés au décor, une prouesse acrobatique rendue possible grâce aux savoir faire uniques des artisans Lalique. Posée sur une table basse, elle devient un bain miniature de lumière, un théâtre d’ombres où se joue la danse quotidienne des rayons du soleil.

Fabrication du vase Alizé , soufflé à l’atelier du verre chaud de la manufacture Lalique.

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Air de Lalique

Bestiaire patrimonial Quoi de plus merveilleux qu’un oiseau pour laisser s’en voler l’imagination ? Derniers-nés de la collection Air de Lalique , les Piou-Pious , trio d’oiseaux en cristal, ont fait leur nid avec une touche de fantaisie tendre. « Ils sont les maîtres de l’air qu’ils ont apprivoisé pour déjouer la gra vité, décrit Marc Larminaux. L’un lisse ses plumes d’un geste coquet, l’autre picore l’instant, le dernier, tête levée vers le ciel, semble écouter le chant du vent. » Ces sculp tures miniatures, entièrement sablées puis repolies, rap pellent que Lalique, avant d’être cristallier, fut artiste ani malier. Fin observateur de la nature, des lacs et des forêts, le fondateur de la maison, René Lalique, ornait déjà ses bijoux Art nouveau de libellules et d’hirondelles. Enfin, Air de Lalique propose une bougie en cristal dont la cire corail abrite un bouquet de fleurs blanches, avec des notes de tête aldéhydes, d’accord ozonique, d’herbes sauvages. Comme si, après avoir sculpté l’air, Lalique lui avait aussi donné un parfum. Cette nouvelle collection disponible dès mars 2026 in vite au silence, à la pause, à la contemplation et, dans un monde saturé d’images, à laisser la lumière jouer son spectacle changeant au fil des heures. Cette attention tra verse toute l’histoire de Lalique depuis 1888 : métamor phoser l’ordinaire en extraordinaire. La collection Air de Lalique poursuit le voyage entre pris par Lalique à travers les éléments. On imagine déjà, quand le temps sera venu, Marc Larminaux et son studio cherchant comment traduire le feu, la flamme, en cristal. La maison Lalique brûle d’imagination.

« Chaque ondulation est

distincte, dessinée avec justesse pour créer un ensemble harmonieux. » Marc Larminaux , directeur artistique et de la création de Lalique

Les sculptures Piou-Pious : aile levée patiné corail, tête levée incolore, tête baissée incolore. Page de droite : Lampe de bureau Alizé , cristal incolore, doré satiné.

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CABOCHON, l’icône réinventée

Sa rondeur parfaite, née du vœu d’une enfant, a traversé le siècle. En 2026, Lalique réinvente son icône joaillière en lui offrant de nouvelles expressions. Un retour aux sources pour la maison dont le fondateur fut « l’inventeur du bijou moderne ».

mondiale, les modes, les ruptures stylistiques. Là où tant de créations sombrent dans l’oubli, Cabochon s’est impo sée comme un objet dont la forme refuse de vieillir. Aujourd’hui, près d’un siècle plus tard, la maison Lalique choisit de la réinventer sans la trahir. Pour le printemps-été 2026 se dévoilent trois nouveaux bijoux qui honorent le design originel de René Lalique tout en proposant de nouvelles façons de porter cette sculpture miniature : en boucles d’oreilles, en un bracelet en cuir à double tour et en pendentif. La bague, elle, s’offre désormais en dix-neuf teintes.

« Alors tu me feras une bague avec le plus beau bleu du monde. » La phrase a été prononcée en 1931 par l’une des petites-filles de René Lalique. La demande tient autant de la supplique que du défi : comment sertir une voûte céleste ? Comment cristalliser l’azur dans un anneau ? L’artiste, au faîte de sa gloire, a laissé crépiter son imagi nation. Il a dessiné un cabochon d’une élégance radicale : une demi-sphère en verre, douce comme un galet poli par la mer. Pas de griffes, juste une lueur captive dans la matière. Cette bague est restée. Elle a traversé la Seconde Guerre

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Cabochon , l’icône réinventée

Le volume en héritage Qu’est-ce qui fait qu’un bijou traverse le temps ? Avant de devenir le maître verrier célé bré par le monde de l’Art déco, René Lalique aura été, selon les mots d’Émile Gallé, « l’inventeur du bi jou moderne ». Au tournant du xx e siècle, alors que la joaillerie se concentre sur l’éclat des pierres précieuses et des diamants, l’artiste innove en introduisant du verre, de l’émail, de la corne, de la nacre. Ce qui l’intéresse alors, c’est la forme, le volume, un geste dans la matière. Après son triomphe en 1900 à l’Exposition universelle de Paris, lorsque, dans les années 1920, l’Art nouveau s’est effacé au pro fit de l’Art déco, Lalique a su bifurquer. Se tournant vers le verre, il construit sa manufacture à Wingen-sur-Moder, en Alsace, et se met à produire des vases, des luminaires, des flacons de parfum. Jusqu’à ce que Cabochon , cette bague née d’un vœu d’enfant, surgisse comme une évidence. Une signature intemporelle Avec sa rondeur radicale, Cabochon incarne un style universel. Dans cet es prit, Marc Larminaux, directeur artistique et de la création chez Lalique, a imaginé trois nouveaux bijoux qui prolongent cette signature intemporelle. Les boucles d’oreilles jouent sur une harmonie de volume et de douceur où le cristal, serti sur argent rhodié ou plaqué or jaune, capte la lumière à chaque mouvement. Le bracelet en cuir, avec ses bords légèrement rembourrés et sa fine boucle plaquée or, ajoute une touche de raffinement discret. Quant au pendentif, c’est une goutte de cristal suspendue, à la rondeur fluide et transpa rente. Stable sur le décolleté, il est proposé sur une chaîne forçat ronde d’une longueur ajustable. Une large palette de couleurs Lalique a toujours fait montre de son talent de coloriste. La collection Cabochon à découvrir au printemps 2026 le confirme en donnant à la bague originelle 19 teintes, allant de la translucidité la plus douce aux couleurs les plus vives. Le bracelet, le pendentif et les boucles d’oreilles se parent de quatre teintes pleines de caractère. Il y a d’abord le bleu Cap Ferrat, la couleur embléma tique, celle qui répond au vœu originel : « le plus beau bleu du monde ». Puis le lustré or, cristal incolore sublimé par un lustre poudré d’or à la main, une technique d’orfèvre. Le vert profond, expression inatten due et sophistiquée, offre une alternative audacieuse. Enfin, le rouge, charismatique, est un signal vibrant. Ces nuances dialoguent avec le cristal, matière vivante qui capture la lumière, elles transforment chaque bijou en petite lanterne, en fragment de vitrail miniature. La collection Cabochon 2026 rappelle que Lalique n’a jamais

dissocié l’art de la vie quotidienne. Les créations de René Lalique n’étaient pas destinées à dormir dans des vitrines, mais à habiter les intérieurs, à sublimer les silhouettes. Ce savoir-faire coïncide avec un savoir-être, une éthique. Au sein de cette maison, depuis plus d’un siècle,

chaque pièce est façonnée à la main à Wingen sur-Moder, en Alsace, perpétuant une tradition française d’excellence.

Boucles d’oreilles Cabochon .

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LALIQUE NY Maison d’Artiste : un symbole d’élégance au cœur de New York Au 21 East 63rd Street, entre Fifth Avenue et Madison Avenue, la porte s’ouvre sur un autre monde : Maison d’Artiste, la plus ambitieuse expression de Lalique. Plus qu’un flagship, c’est une demeure, un lieu où l’on quitte le quotidien pour entrer dans un univers de lumière, d’art et de raffinement intemporel.

La maison de style Beaux-Arts, érigée en 1884 puis trans formée en 1900 en hôtel particulier, porte les traces d’un passé prestigieux. Propriété de la famille Chopard depuis 2002, elle a longtemps abrité les bureaux de la marque et les réceptions de l’élite culturelle new-yorkaise. Aujourd’hui, Lalique insuffle une nouvelle vie à ces murs chargés d’histoire. Sous l’impulsion de Marc Larminaux, directeur artistique et de la création de Lalique, l’hôtel particulier se réinvente en un voyage à travers les multi ples dimensions de l’univers de Lalique. En franchissant le seuil, on n’entre pas dans un magasin mais dans une véritable maison. Le cristal capte et diffuse l’éclat de la lumière, les textures dialoguent dans des jeux de transparence, chaque détail incarne l’art de vivre et l’élégance intemporelle de Lalique. Pensée comme un espace d’inspiration et de rencontres, Maison d’Artiste invite collectionneurs, artistes, archi tectes et amis à se retrouver autour de créations qui se ré pondent entre elles. À la fois showroom, salon et galerie, c’est avant tout un lieu profondément humain. Silvio Denz, président exécutif de Lalique Group, en ré sume l’essence : « Maison d’Artiste n’est pas une boutique. C’est une maison où l’art de Lalique se vit, se ressent, s’éprouve. » Les murs portent bien plus qu’un décor : ils racontent des histoires. Dans l’escalier central, une fresque monu mentale signée de l’artiste new-yorkais Chris Daze Ellis

Façade de Maison d’Artiste à New York.

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Maison d‘Artiste à New York

Le Salon des Bijoux.

Dans le Salon des Bijoux, la mise en scène devient plus intime. Les colliers, les bagues et les bracelets scintillent sous un éclairage délicat, rappelant les origines de René Lalique, maître joaillier. Le collier Manhattan, recréé à partir d’un dessin d’archives, incarne l’alliance du patri moine et de l’innovation. À l’étage supérieur, la Véranda d’Essences dévoile l’univers olfactif de Lalique. Parfums et bougies y sont présentés dans un décor de lumières tamisées, où l’air se fait matière et émotion. Au cœur de Maison d’Artiste, la Galerie Lalique Art, la plus vaste ouverte dans le monde, présente des collaborations avec des artistes tels que James Turrell, Damien Hirst ou Zaha Hadid. Ici, le cristal est un langage universel, matière vivante au service de la création contemporaine. Plus haut, le Bar & Lounge, inspiré de l’âge d’or de l’Orient Express, célèbre l’art de recevoir. Sous les lustres en cris tal, les vins des Vignobles Silvio Denz se dégustent dans une ambiance feutrée d’acajou et de velours. Enfin, le Lalique Interior Design Studio (LIDS), le premier à être implanté hors de Paris, incarne la fusion entre tradition

déploie les motifs emblématiques de Lalique – la femme, la flore et la faune – associés à l’énergie vibrante de la ville. Cette œuvre souligne que Maison d’Artiste n’est pas un musée figé mais une maison vivante, ouverte sur le monde et son époque. La demeure se veut aussi un endroit de partage et de culture : dîners privés, événements artistiques et vernis sages insufflent leur rythme aux pièces baignées de lu mière. Lalique réinvente ici la tradition du salon, espace d’échange et de création où se croisent l’art et la vie. Tel un parcours d’expériences, Maison d’Artiste se dé couvre comme un récit, chaque étage révélant un nouveau chapitre de l’histoire de Lalique. Le Salon d’Exploration accueille les visiteurs dans une at mosphère de découverte, mettant en scène les créations les plus récentes dans un décor fluide et lumineux. De là, on entre dans l’Atrium des Collections iconiques, où les créations contemporaines résonnent avec les signatures intemporelles de la maison. Des murs de cristal illuminés et des hirondelles suspendues évoquent le mouvement perpétuel du temps et de la lumière.

La Véranda d’Essences.

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Maison d‘Artiste à New York

« Maison d’Artiste transcende l’expérience de la vente. C’est un lieu où l’hospitalité, la culture et l’art sont réunis sous un même toit. » Silvio Denz , président exécutif du conseil d’administration, Lalique Group et modernité. Cet atelier d’architectes et de designers met en lumière la puissance décorative du cristal à travers des créations monumentales : un mur Lauriers composé de 36 panneaux lumineux, un vol de 62 hirondelles de cristal et un dôme constellé de 177 anémones resplendissantes évoquent l’amour de René Lalique pour la nature, trans posé dans une lumière contemporaine. Toutes les œuvres sont fabriquées à la main dans la manufacture de Wingen-sur-Moder, en Alsace, berceau historique de Lalique depuis 1922. Chaque pièce, façonnée et polie à la main, porte en elle le souffle du savoir-faire français. Ces réalisations rappellent que Lalique n’est pas seule ment une maison d’objets précieux, mais aussi un créateur d’environnements d’exception où le cristal devient archi tecture, lumière, émotion. La relation entre Lalique et New York remonte à plus d’un siècle. Dans les années 1920, des vitraux signés René Lalique ornaient déjà le Coty Building sur la 23 e rue, un édifice emblématique qui porte encore aujourd’hui

l’empreinte du maître verrier. Depuis, les créations Lalique se sont diffusées à travers l’architecture des restaurants et dans les collections privées de la ville. Avec Maison d’Artiste, cette histoire se prolonge et Lalique poursuit le dialogue entre Paris et Manhattan, entre héritage français et énergie new-yorkaise. Au printemps 2025, l’inauguration de la Maison s’est dé roulée dans la plus pure tradition new-yorkaise : plus de 250 invités – collectionneurs, créateurs, artistes et célé brités, dont Curtis “50 Cent” Jackson – ont célébré cette ouverture dans une atmosphère élégante et festive. Entre reflets de cristal et vins de Bordeaux, les convives ont découvert que le monde de Lalique appartient autant à New York qu’à la France.

Lalique Townhouse | Maison d’Artiste 21 East 63rd Street, New York, NY 10065

L‘équipe de la Maison d‘Artiste.

Le Bar & Lounge.

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11 rue Royale à Paris Un nouvel écrin pour une adresse mythique

Quatre-vingt-dix ans après l’installation de René Lalique dans cette rue emblématique de Paris, la maison réinvente son flagship historique. Un écrin où lumière et matière cristallisent la philosophie Lalique.

La boutique Lalique à la libération de Paris, août 1944.

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11 rue Royale

Lalique, 11 rue Royale, Paris 8e.

Du Cabinet de curiosités au Jardin d’hiver Au sol, le terrazzo est un clin d’œil au groisil qui se forme dans le processus de fabrication des collections de cris tal. Ce tapis minéral, incrusté par endroits de coquillages fossilisés dans la matière, est le point de départ d’une déambulation en sept univers distincts, les sept piliers de la maison : objets décoratifs, design d’intérieur, arts de la table, bijoux, art, fragrances et hospitalité. Dans l’entrée, des niches en laiton rétroéclairées mettent en lumière une sélection de petits objets, tel un précieux Cabinet de curiosités où l’on trouve quoi offrir et s’offrir. Non loin, la Bibliothèque, couronnée d’arches, abrite les collections iconiques en cristal, d’un vase Bacchantes à un vase Tourbillons . À travers des croquis, quelques échantillons et des projets sur mesure, l’atelier du Lalique Interior Design Studio révèle aussi ses secrets aux visiteurs. Un savoir-faire dont un parterre de dahlias déployant un florilège de pétales symétriques donne déjà une idée – transformer la nature en art déco ratif était une signature de René Lalique. Pour essayer des bijoux, il faut s’arrêter dans le Boudoir où se côtoient la bague Cabochon , icône intemporelle (lire p. 27), et de scintillants sautoirs, pendentifs, boucles d’oreilles… Voisins entourés de zelliges brillants, les par fums Lalique sont disposés selon leurs familles olfactives. Quant au Bar, à la croisée de l’Art nouveau et de l’Art déco, il résume l’art de vivre Lalique en rendant hommage à l’univers gastronomique de la maison, laquelle compte aujourd’hui trois restaurants doublement étoilés au Guide Michelin. On débouche enfin sur le Jardin d’hiver : joli ment éclairé par la lumière naturelle, ouvert sur une cour pavée et paré de pierre de Paris, il est habillé des lustres majestueux Orgue et Perles , et aménagé avec la mythique table Cactus , pieds transparents et plateau en bois. Avant de quitter le 11 rue Royale, l’œil s’arrête forcément sur un mur où plusieurs pièces patrimoniales font rayon ner le précieux héritage Lalique. La boutique parisienne est la seule au monde où l’on peut trouver des pièces his toriques : flacons de parfum, sculptures, seaux à glace, vases ou encore lithographies de René Lalique, tous té moignent, quelle que soit l’époque, d’un savoir-faire cen tenaire et d’un esprit que la maison a à cœur de perpétuer. Quatre-vingt-dix ans après son ouverture par son fonda teur, le flagship de la rue Royale demeure un manifeste d’émotion.

Son nom s’affichait sur le fronton en lettres de verre : R. Lalique. Le 6 septembre 1935, le maître verrier était certainement fier d’inaugurer sa nouvelle boutique au 11 rue Royale. Quittant la place Vendôme où l’ancien créateur de bijoux à succès avait établi ses quartiers trente ans plus tôt, il s’ancrait désormais sur cette artère du raffinement parisien filant depuis la place de la Concorde. La nouvelle adresse devint rapidement incontournable, prisée tant des collectionneurs que des flâneurs arpentant le pavé. Comme à la maison En 2025, la maison a célébré les 90 ans de cette adresse mythique avec un espace entièrement repensé. « C’est un retour aux sources, mais aussi une projection vers l’ave nir », affirme Marc Larminaux, directeur artistique et de la création de Lalique. « L’idée était de faire résonner la poésie de René Lalique en transposant son répertoire – la lumière, la matière et l’émotion – dans le langage d’au jourd’hui. Ce nouvel espace rue Royale n’est pas seule ment une boutique, c’est plutôt un appartement, une mai son », avance celui qui a souhaité créer un univers où les visiteurs peuvent se projeter. Un lieu qui donne envie de vivre avec ces objets. « On a imaginé l’histoire d’un couple de galeristes ou d’ar tistes cosmopolites qui nous inviteraient dans leur appar tement parisien, développe Marc Larminaux. Nous avons tiré le fil de cette narration pour déployer une atmosphère intime, chaleureuse et surtout inspirante. » Pour mettre en œuvre ce nouveau concept, il aura fallu un an de tra vaux, lesquels découlent de plusieurs années de réflexion sur l’identité de la maison. Ainsi se dévoile un havre de paix au cœur de Paris, un écrin baigné de lumière rénové dans un style néo Art nou veau. À l’entrée, semblent voler une soixantaine d’hiron delles de cristal – un emblème de la maison, symbole de renouveau. Ce printemps Lalique se matérialise aussi par des arches lumineuses, habillées du motif Lauriers , qui fraient une majestueuse allée jusqu’au cœur des 115 mètres carrés de la boutique. « Outre ses archives, la principale source d’inspiration de Lalique est la nature, insiste Marc Larminaux. C’est un thème qui imprègne toutes nos créations, mais c’est aussi une réalité tangible puisque notre manufacture de Wingen-sur-Moder, dont les fours brûlent en Alsace depuis 1922, se trouve entourée de forêts. » Le bleu des Vosges qui habille la Bibliothèque fait directement écho à ces paysages verdoyants. La part belle est donnée aux matières – noyer de Bourgogne, quartzite Jadore, laiton, terrazzo – qui célèbrent la noblesse tactile. Ces mélanges harmonieux rappellent la philosophie de René Lalique, « inventeur du bijou moderne » selon les qualificatifs de son temps, qui n’hésitait pas « à mélanger les matières, à allier le verre, la corne, la pierre dure, pour sublimer et appor ter de la couleur à ses créations joaillières », ajoute Marc Larminaux.

Lalique, 11 rue Royale, Paris 8 e

Le Boudoir.

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11 rue Royale

« Entre modernité, savoir-faire et poésie, notre boutique rue Royale révèle l’âme de Lalique, un espace intime où chacun peut se sentir invité dans l’appartement d’artistes que nous avons rêvé. » Nina Müller, CEO Lalique Group

Page de gauche : La Bibliothèque et l’envolée d’hirondelles. Page de droite, de haut en bas : la Vanité et la façade de la boutique Lalique rue Royale.

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Le musée Lalique à Wingen-sur-Moder

À Wingen-sur-Moder, dans les Vosges du Nord, le musée Lalique fait rayonner l’héritage d’un génie créateur. Visite guidée avec sa directrice Véronique Brumm Schaich pour découvrir des savoir-faire d’exception.

Véronique Brumm Schaich, directrice du musée Lalique.

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Le musée Lalique

La route serpente à travers les forêts des Vosges du Nord avant de déboucher sur un village discret. Dans une pa lette de verts se niche Wingen-sur-Moder, cœur battant de Lalique depuis plus d’un siècle. C’est ici, à deux pas de la cristallerie toujours en activité, que le musée Lalique offre aux visiteurs une plongée dans l’univers de la maison fondée par René Lalique, artiste visionnaire qui a révolu tionné tout à la fois l’art joaillier et l’art verrier. Précieuse ment conservée, cette aventure artistique et patrimoniale se raconte au sein d’un bijou architectural lové dans un paysage classé Natura 2000. « Nous sommes sur l’ancien site verrier du Hochberg en activité aux xvii e et xix e siècles, précise Véronique Brumm Schaich, à la tête du musée Lalique inauguré en 2011. À la suite d’un concours, l’architecte Jean-Michel Wilmotte a été choisi pour construire l’écrin des collections perma nentes avec un certain nombre de contraintes environ nementales. » Semi-enterré sous une toiture végétalisée, l’édifice se fond dans la topographie. De la pierre verte, du verre, du béton : les matériaux dialoguent avec les sapins alentour. Du bijou Art nouveau à la création contemporaine Une fois franchi le seuil du musée, un lustre monumental de Marc Lalique, fils du fondateur, irradie au plafond du vestibule. « Cette cascade de cristal de trois mètres de haut et pesant 1,6 tonne a été créée en 1951 pour l’exposition “L’Art du Verre” au musée des Arts décoratifs de Paris, explique Véronique Brumm Schaich. Soixante ans plus tard, le musée nous l’a confiée et la manufacture Lalique a entièrement restauré près de 120 pièces ici, à Wingen-sur-Moder. C’est un symbole fort : ce lustre est rentré à la maison. » Le parcours débute par les créations joaillières qui ont fait la gloire de René Lalique à la Belle Époque. Dans une pénombre savamment orchestrée, une Femme ailée en bronze attire notre œil. « Cette pièce exceptionnelle, créée pour l’Exposition universelle de 1900, faisait par tie d’une série de cinq sculptures qui ornaient le stand Lalique au pavillon des Bijoutiers », raconte Véronique Brumm Schaich. Autour, dans les vitrines, des bijoux Art nouveau déploient leurs libellules émaillées, leurs verres chatoyants, leurs cornes translucides. « Las d’être imité, René Lalique s’est tourné vers d’autres horizons », enchaîne Véronique Brumm Schaich nous en traînant dans une section où le verre reflète une success story qui commence par la rencontre entre René Lalique et le parfumeur François Coty, à l’origine de l’invention de flacons industrialisés mais esthétiques : la révolution d’un art démocratisé. Des flacons de parfum aux objets décoratifs, la visite, à la fois chronologique et thématique, se poursuit au fil d’univers qui traversent l’Exposition universelle de 1900, l’Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925, l’art sacré… Ces temps forts sont restitués au travers de films, de photos et de documents.

ce succès ? Une offre riche et renouvelée, avec pas moins de quatre expositions temporaires par an (lire encadré). « Pour renouveler l’intérêt, lors la fermeture du musée en janvier, l’équipe change près de 70 % des pièces du parcours permanent », confie la directrice. Cette rotation est rendue possible par les 703 œuvres du fonds qui a bénéficié ces dernières années de généreux dons. Avec au total 3110 pièces, les collections s’enorgueil lissent de dépôts prestigieux provenant du musée des Arts décoratifs de Paris, du Mobilier national, mais aussi de prêteurs privés. Parmi eux, Silvio Denz, président exécutif de Lalique Group, un des plus grands collectionneurs au monde de flacons de parfum, dont quelque 250 sont ex posés au musée. Les initiatives pour toucher tous les publics abondent : « Nous menons de nombreuses actions à destination du jeune public, avec des ateliers pour découvrir le musée de façon ludique », détaille la directrice. L’été, cet écrin se transforme même en station balnéaire avec l’opération « Vive les vacances » qui explore le travail du verre au travers de jeux de plage : « Wingen-sur-Moder devient Wingen-sur-Mer ! », sourit Véronique Brumm Schaich. Avant de quitter les lieux, on prend l’air dans les jardins où s’épanouissent lys, dahlias et anémones – ces fleurs si chères à René Lalique. Notre cœur de visiteur est décidément cueilli !

Les secrets du cristal « Le savoir-faire des verriers de la région est l’une des raisons qui ont conduit René Lalique à s’installer dans les Vosges du Nord en 1919, à y construire sa villa (lire p. 49) et à y inaugurer sa manufacture en 1922 », rappelle Véronique Brumm Schaich. Celle-ci active une table tactile qui décompose les trente heures de travail nécessaires à la fabrication du vase Bacchantes , icône de la maison depuis 1927. Dans cette section se révèlent des gestes ancestraux, le moule sculpté, le cristal en fusion cueilli à la canne, le pressage, les bains d’acide qui permettent d’obtenir un effet mat, le polissage, tous ces gestes où culmine le savoir faire du satiné repoli final si caractéristique de Lalique. Un film, tourné au cœur de la manufacture, permet d’admirer la chorégraphie des verriers, leurs gestes mesurés, les tournoiements précis de la matière en fusion. « Aujourd’hui encore, près de cent cinquante perpétuent ces techniques, décrit Véronique Brumm Schaich. Une dizaine sont Meilleurs Ouvriers de France. » Un musée qui s’adresse à tous Avec ses 52 000 visiteurs annuels, le musée Lalique s’impose comme un acteur culturel incontournable en Alsace. « Les gens viennent de France, d’Allemagne, de Suisse, du Benelux, et même d’Amérique et d’Asie, se réjouit Véronique Brumm Schaich. Et le public local est très fidèle, avec un taux de retour important. » La clé de

Le musée Lalique, vues de l’extérieur.

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Le musée Lalique

« Lalique Art » s‘expose à l‘été 2026

René Magritte, James Turrell, Nic Fiddian-Green, Rudy Ricciotti… Autant d’artistes prestigieux qui ont dialogué avec la matière Lalique et créé des éditions d’art inédites en cristal. Après une première exposition en 2018, « Lalique Art » retrouve le musée de Wingen-sur-Moder dans un parcours qui, à l’été 2026, dévoile les coulisses de ces rencontres entre création contemporaine et savoir-faire traditionnel. Comment les artistes travaillent-ils avec les artisans ? Comment leurs univers dialoguent-ils avec l’héritage de René Lalique ? « Le parcours explore les processus créatifs, de la première esquisse à la pièce finale en passant par les échanges avec Marc Larminaux, directeur artistique et de la création de la maison, et les défis techniques relevés par les artisans de la manufacture », annonce Véronique Brumm Schaich. Exposition « Lalique Art » du 12 juin au 1 er novembre 2026 Musée Lalique – 40 rue du Hochberg – 67290 Wingen-sur-Moder www.musee-lalique.com

Purple Sage , édition limitée à 100 exemplaires, collaboration James Turrell × Lalique.

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