Magazine Lalique 2026_FR
Air de Lalique
Inspirations et respirations L’air s’inscrit dans nos premiers gestes, il nous relie à la vie dès notre venue au monde. Pour enregistrer son mouvement, Marc Larminaux, directeur artistique et de la création de Lalique, s’est laissé porter par l’inspiration. Le crayon a glissé de filets en lignes, de traits en courbes : « Tout commence toujours par un dessin, explique-t-il. Chaque ondulation est distincte, dessinée avec justesse pour créer un ensemble harmonieux. » Esquissé, l’air se cristallise en ondulations invisibles qui font dan ser un rideau de voile, en plis sur un tissu soulevé par une bour rasque discrète – lesquels se matérialisent entre les mains des ar tisans Lalique par des motifs gravés dans la masse cristalline. Les lignes irrégulières, loin d’être des accidents, font tout le caractère de cette collection : le propre de l’air étant d’être « toujours là, mais impalpable », souligne Marc Larminaux qui ajoute : « Nous avons voulu rendre visible l’invisible. » La haute couture du cristal Les vases Alizé – du nom de ce vent doux qui souffle sous les tro piques – incarnent cet élan entre rigueur technique et sensualité formelle. Il y a dans ces pièces quelque chose qui tient du vête ment tant la lumière habille les volumes. Tel un plissé Fortuny ou les drapés couture de Madame Grès, le cristal ondule, se creuse, se bombe. Les savoir-faire de Lalique sont au cœur de cet effet. Après le soufflage sont venus le travail du verre froid, le sablage, le sati nage, puis un repolissage méticuleux. Huit étapes au minimum sont requises pour que « la lumière fasse vibrer le décor du cristal satiné repoli et exalte l’impression de mouvement », expliquent les artisans de la manufacture Lalique. Entre mat et brillant, entre opacité et transparence, le mouvement circule. L’œil s’at tarde. L’air qui nous inonde sans qu’on y songe est devenu ma tière à émerveillement. Quatre formats existent pour ces vases, du format intime au monu mental (15 kilos), en cristal incolore ou patiné corail. Cette teinte, nouvelle venue dans la palette Lalique, vient sublimer l’air : « Au coucher du soleil, l’air tamise les bleus et ne laisse passer que le feu des rouges et des orangés », précise Marc Larminaux. D’où cette tonalité veloutée, apaisante, qui évoque autant l’été méditer ranéen que les ors d’un tableau tardif de Mark Rothko. L’or du temps Fabriqués en éditions limitées, les vases Alizé sont incandescents, irradiant de feuilles d’or rose 22 carats appliquées à la main et dont un effet « brossé » préserve la transparence. Deux cent quarante feuilles pour le vase monumental. Quatre jours de travail pour le grand Alizé . Vingt et un jours de séchage pour le vernis. Seize opérations au total exigeant une fine expertise. Ces chiffres rappellent l’essentiel : le vrai luxe est celui du temps offert, consenti, dépensé sans compter. Autour des vases Alizé gravitent d’autres présences. La coupe Alizé d’abord, large vasque en équilibre sur trois pieds intégrés au décor, une prouesse acrobatique rendue possible grâce aux savoir faire uniques des artisans Lalique. Posée sur une table basse, elle devient un bain miniature de lumière, un théâtre d’ombres où se joue la danse quotidienne des rayons du soleil.
Fabrication du vase Alizé , soufflé à l’atelier du verre chaud de la manufacture Lalique.
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